Marek Hunhap, créateur dans l’âme.

23 février 2021 | Art Contemporain, Bruxelles, Cinéma, Danse, Marseille, Musique, Production Musicale

Marek Hunhap a de multiples cordes à son arc, si son activité principale est d’être compositeur à l’image, ça n’est pas ça qui va l’empêcher de pratiquer d’autres domaines. Montage, mise en scène, chorégraphie, réalisation, rien de l’arrête. Car pour lui il n’y a qu’une chose qui importe : la création artistique.

Riverside Productions : Tu bosses un projet live ces derniers temps ?
Marek Hunhap : Oui j’en ai un de prêt qui est tiré d’un spectacle que j’ai écrit il y a trois ans, Anatomie du Néant.
RP : Écrit la musique?
MH : Tout, la chorégraphie, la musique, les lumières, etc., ce que j’ai fait avec, Chambre 5, la compagnie que j’ai montée en 2013 à Toulouse. On a d’abord monté un spectacle de théâtre expérimental. Ce projet c’est vraiment quelque chose que je fais pour m’amuser, pour faire ce que j’ai envie, quand j’ai envie. Je ne m’oblige à rien.
RP : Vous êtes nombreux ?
MH : Ça dépend. Ça change à chaque projet, selon mes désirs. Au début j’ai donc monté un solo de danse avec Guilhem Benoît, un pote que j’adore et avec qui je travaille depuis des années. Il a travaillé avec Aurélien Bory de la Cie 111 qui fait une sorte de cirque théâtral.
RP : Donc quelque chose de très physique.
MH : Oui à la base Guilhem est gymnaste avec une formation d’acrobate et au moment où l’on s’est rencontré il était en transition en voulant faire du théâtre dansé. Et je lui dis : Écoutes, moi je ne suis pas chorégraphe, mais j’aimerais bien te chorégraphier.
RP : ça c’était pour ta première pièce en 2013 du coup ?
MH : Nan, ça c’est pour la seconde en 2016, qu’on a commencé à bosser ensemble et qu’on a fini en 2018. Donc, c’était assez marrant parce que moi je ne suis pas du tout chorégraphe et je me retrouve à bosser avec un gars qui me comprend. Au final le travail était simple parce qu’on se connaît bien, je lui montrais des gestes et lui les sublimaient.
RP : Avec un technicien du coup ?
MH : Ouais, il y avait un régisseur lumière, qui a fait aussi la créa lumière et un scénographe. Et tout ça c’est que des gens que j’ai rencontrés avec d’autres compagnies. Des gens dont j’aimais le travail et que j’ai invité tout simplement. Au final avec Chambre 5 il y a vraiment très peu de représentations, c’est vraiment du kiff.
RP : Comme si vous faisiez une répet à la maison en fait ?
MH : C’est ça. On trouve quand même des lieux, que ça soit moi ou les autres personnes on tourne avec d’autres compagnies et on parle du projet aux gens que l’on rencontre dans des théâtres ou autre et on est régulièrement invités en résidences, que l’on fait. On doit faire cinq ou six représentations par an, finalement on est très proches du modèle de la danse contemporaine où leurs moyenne c’est sept représentations par an.
Ce spectacle j’aimerais bien représenter une dernière fois pour clôturer le truc à Marseille. Normalement quand on crée un spectacle on travaille le plateau d’abord et la musique vient après, ou pendant, là j’ai abordé la problématique à l’envers en composant la musique en amont. Ensuite, avec Alrik qui fait la créa lumière on s’est éclaté à travailler cet aspect-là avec seulement trois ampoules. De là je me suis dit : Je vais faire une installation.
On devait jouer au Théâtre des Argonautes ce spectacle, mais malheureusement le lieu est trop petit, même pour une adaptation.
RP : Donc, tu supprimes l’aspect physique de la pièce et travaille la chose solo sans danseur ?
MH : Oui, maintenant il y a huit ampoules au lieu de trois, sans danseur effectivement.
Je réfléchis aussi à faire une adaptation qui serait entre les deux, c’est-à-dire ni la version spectacle, ni l’installation, mais quand même un peu des deux à la fois. Je cherche aussi à monter un troisième spectacle, mais pour l’instant j’en suis à l’écriture et je cherche à m’entourer des bonnes personnes.

RP : Toi tu es chorégraphe sans être danseur, c’est pas mal.
MH : Oui, ça fait une vingtaine d’année que je suis dans le spectacle, j’ai travaillé avec des chorégraphes, des metteurs en scènes, etc.. On apprend aussi en voyant, après c’est sûr que je ne peux pas montrer aux danseurs la gestuelle exacte.
RP : Dans tes pièces il n’y a pas de dialogue ?
MH : Non.
RP : Comment on écrit un truc sans dialogue ?
MH : Comme de la musique. Justement il y a quand même une corrélation entre ça et mon activité principale. Moi je travaille sur des impros très longues… Bon après je le fatigue, Guilhem m’a dit : Fais gaffe, dès fois tu demandes des trucs un peu complexe. Comme de faire six heures d’impro où il est libre de faire ce qu’il veut mais n’a pas le droit de lâcher son personnage. Je ne sais pas qui est son personnage donc je ne lui dit pas qui il est.
RP : Tu as composé six heures de musiques pour cette pièce ?
MH : Des fois il y a de la musique, des fois pas et je ne mets pas que mes créations sur des temps comme ça, je mets aussi plein d’autres musiques de plein de styles différents pour justement chercher des énergies autres et aussi des fois le relancer aussi. Évidemment c’est très physique et plus que physique c’est mental. Sur ce spectacle Guilhem m’a dit : Heureusement qu’il n’y a pas d’autres représentations parce que et le sujet qu’on traite et le fait que l’on ne soit que dans du micro-mouvement, à ça vient s’ajouter le froid. Il y a de l’eau dans le spectacle parce que ça parle d’ablution et je voulais que l’eau soit glacée.
RP : L’idée c’est qu’à la fin il finisse tremblant et minable ?
MH : On n’est pas loin du performatif oui.
RP : C’est de la performance non ?
MH : C’est de la performance dans un spectacle oui, mais il y a de la performance dans ce qu’il propose. Par contre, dans sa partition je lui ai écrit une trame du spectacle, c’est-à-dire des points de rencontre entre la musique et lui, qu’il sache où il va. En contrepartie, je sais que Guilhem est un super improvisateur et je ne voulais surtout pas le brider. Il y a une grande partition d’écrite dans laquelle il est libre de faire ce qu’il veut.

RP : Là tu es entre deux apparts, comment tu fais pour continuer de produire ?
MH : Ha bah j’ai rien, moi j’ai toujours travaillé avec un ordi un clavier et basta. J’ai toujours bossé comme ça parce que je sais que j’ai tout le temps bougé. J’ai cette doctrine là d’essayer de faire avec peu, moins j’en ai mieux je me porte. Et dans tout. Essayer d’avoir le moins de choses matérielles possibles.
Finalement, je me rends compte qu’avec rien on peut tout faire, surtout maintenant. Évidemment qu’il y a trente ans tu ne faisais pas de la musique avec un petit clavier et un ordi, il fallait quand même.
RP : Il y a trente ans tu faisais comment.
MH : Moi j’ai commencé il y a vingt-deux ans, avec mon premier ordi à écran cathodique.
RP : Tu as commencé la musique avec la MAO directement ?
MH : Non. Moi j’ai commencé le piano au conservatoire, j’avais cinq ans jusqu’à dix-huit ans. Après, j’ai enseigné pendant six ans le piano, c’est à ce moment là que j’ai eu mon premier ordi. À l’époque je faisais de la trance…
RP : Ah ouais ?
MH : Le premier album officiel que j’ai sorti qui est sur mon site Stigmates c’était en 2003, avant il y a que ma mère qui les a, j’espère… Plusieurs délires comme ça parce que je me cherchais, mais je sentais que l’ordinateur avait ses limites. Je savais que pour les dépasser je devais m’acheter des machines et là pour le coup mes limites étaient financières.
RP : Oui il ne faut pas qu’une machine.
MH : Oui il te faut tout le rack et t’en as vite pour dix ou quinze mille balles. Et maintenant quasiment vingt ans plus tard, j’ai sorti mon dernier single que j’ai fait là avec juste mon ordi et mon petit clavier… Tu as une qualité sonore qui est quand même complètement hallucinante. Que ça soit dans les sons acoustiques, les sons électroniques, des simulateurs de matériel analogique. Je suis d’accord qu’il y a un plaisir à triturer les boutons sur de l’analogique que l’on ne retrouve pas sur un ordinateur, ça n’est pas du tout la même sensation, mais au niveau de la qualité sonore on en est comme pour l’appareil photo, dire : l’argentique c’est mieux que le numérique… Il y a une période où effectivement c’est mieux, mais maintenant ça n’est plus le cas.
RP : Tu fais de la photo ?
MH : J’en fais pour le plaisir, mais je n’ai pas les connaissances d’un photographe.

MH : À vingt-trois ans j’ai arrêté d’enseigner la musique parce que je n’avais pas envie de faire ça, j’aurais pu garder mon petit truc de prof toute ma vie.
RP : J’imagine que le conservatoire t’a mis en contact avec des premières compagnies aussi non ?
MH : Pas du tout. J’ai quitté Limoges pour Lyon sans savoir ce que j’allais faire, j’étais agent d’accueil pendant un an pour gagner un peu d’argent, quand un pote que je connaissais de Limoges qui bossait sur un spectacle comme assistant metteur en scène avec l’École de Cirque de Bruxelles m’a demandé si je voulais faire la musique pour ce spectacle. Je lui ai dit : Bah ouais, carrément ! De là je suis parti à Bruxelles et après de fils en aiguilles forcément ça tisse un certain réseau. Beaucoup de cirque évidemment.
RP : Oui, t’es jeune et pas cher.
MH : Non surtout j’étais vendu comme quelqu’un qui compose vite, la première compagnie avec laquelle j’ai bossé après Bruxelles c’était vraiment parce-qu’on m’a présenté comme ça à une autre compagnie qui travaillait avec un autre compositeur depuis deux ans et trois ou quatre mois avant la fin il annonce qu’il quitte le projet. Mon pote a dit : Je connais un gars qui compose hyper vite.
RP : Baratin absolu.
MH : Finalement il avait pas tort, au final écrire de la musique c’est un peu comme bien d’autres choses. Il y a beaucoup de gens qui disent : Oui j’attends l’inspiration pour commencer à écrire. Non. L’inspiration ne viendra jamais si tu n’écris pas. Ça ne veut pas dire que tu écris tout le temps des trucs qui te satisfassent, mais pour ça il faut pratiquer, pratiquer, pratiquer.
RP : L’écriture appel l’écriture. Aussi, ça fait que ça devient moins chiant d’écrire, ce faisant tu dérouilles certains mécanismes dans ton cerveau qui font que ça en devient même fun.
MH : C’est exactement ça! Évidemment je n’écris pas de la musique tous les jours je fais d’autres choses aussi, mais en tout cas quand je sais que j’ai un gros projet qui arrive, avant je vais souvent écrire quelque chose, un EP par exemple, me remettre dedans.
C’est vrai que si t’attends l’inspiration, tu peux attendre toute ta vie.

RP : À cette époque là il n’y avait pas Bandcamp à l’époque, comment tu faisais ? Tu avais un Myspace?
MH : Ouais ça a commencé avec Myspace, puis Soundcloud, maintenant je passe aussi par Believe, un distributeur. Je pense que je suis arrivé au bon moment parce que maintenant ils n’auraient pas voulu de moi. C’était au tout début quand ils commençaient, où il acceptaient à peu près n’importe quoi. Enfin, ils ne prenaient pas tout, mais ne faisaient pas que du mainstream non-plus.
Bandcamp, j’aime bien le fonctionnement aussi, j’y mets tout à prix libre, il y a beaucoup d’écoutes et peu d’achats, mais je préfères que quelqu’un m’écoute plutôt qu’il ne se prive car il n’a pas les moyens.
RP : On a déjà croisé d’autres artistes qui tiennent le même discours.
MH : L’idée pour moi c’est de dire que la musique est libre, certains vont payer un album cinquante balles pour soutenir et d’autres qui vont télécharger toute la discographie sans payer. C’est assez rare d’ailleurs, ya plein de gens qui sont gênés de ne pas payer.
RP : Tu arrives à couvrir tes frais comme ça ?
MH: Non, c’est la SACEM grâce à d’autres projets qui me paye ça en général, j’ai la chance de toucher des droits d’auteurs grâce aux documentaires pour lesquels je compose la musique. Pour mon premier album je l’ai sorti en physique à deux cent exemplaires.
RP : Deux cent pour un premier c’est gourmand. T’as réussi à l’écouler ?
MH : Ouais… Je crois qu’il m’en restait une cinquantaine que j’ai mise dans des boites aux lettres au pif. Pareil pour la compagnie de cirque pour laquelle je bosse depuis dix ans, j’avais sorti un CD que j’ai payé de ma poche et j’en avais fait mille. Je pense qu’il m’en reste quatre-cent dans des cartons au fond d’un grenier et je pense que je vais faire pareil pour le coup.
C’est sûr que oui ça coûte, de toute façon l’autoprod rarement tu vas te faire de l’argent avec, au mieux tu te rembourses. Aussi, le modèle économique a carrément changé.
Il y a aussi une différence entre le secteur concert, live etc. et musique de l’image ou la musique de spectacle, je trouve que c’est beaucoup plus simple de gagner sa vie dans cette dernière catégorie que d’avoir un groupe où t’es même pas sûr d’être payé, ou au lance-pierres si t’as de la de la chance. D’autre part je ne suis pas du tout fait pour la scène, mais en plus je me suis rendu compte que le modèle économique de Compositeur à l’Image, quelle qu’il soit, que ce soit ou plateau ou pour un film et bien quand ça fonctionne même à petite échelle t’arrive quand même à bouffer. C’est sûr qu’il y a plein de groupes qui tournent et gagnent bien leurs vies, mais c’est quel pourcentage par rapport au nombre d’artistes qui galèrent ?
En plus j’ai eu la chance de ne faire que des projets que j’aime, de ne pas avoir à me taper des Plus Belle la Vie ou autres… Parce qu’en plus à la base je refuserais, c’est pas possible en fait…
RP : Ouais maintenant, mais quand t’avais vingt ans…
MH : J’ai toujours refusé les trucs comme ça, j’ai eu des plans de merde des trucs comme ça, pas Plus Belle la Vie, mais des plans spectacles mainstream où ma mère me demandait pourquoi je refusais… Et non, je préfère faire autre chose.
RP : Oui et ça permet maintenant d’être affiché comme un compositeur qualitatif et pas showtime.
MH : Oui ça va vite de se faire un nom quel qu’il soit dans un truc et une fois que tu as l’étiquette, bonne chance pour la décoller.

RP : Au début tu n’étais pas fixe dans une compagnie, tu switchais selon les projets ?
MH : Je switch toujours si.
RP : Tu suis le spectacle que tu composes ?
MH : Oui, la plupart en tout cas. C’est du semi-live, généralement j’ai quatorze pistes et j’ai tous mes sons qui sont prêts et je suis ce qui se passe au plateau. On m’a déjà demandé d’être présent sur le plateau, mais je déteste voir des musiciens sur un spectacle quand ils ne servent à rien. Pour un spectacle raconte une histoire, parfois la présence du musicien est justifiée, mais c’est tellement rare.
RP : Le Vjing ça t’intéresse ?
MH :J’aimerais bien travailler avec quelqu’un qui fait de la vidéo, moi oui ça m’intéresse, comme il y a plein de choses qui m’intéressent et dont je n’ai pas de temps à accorder, je fais des cours métrages, etc..
RP : Que tu réalise du coup ?
MH : Ouais, enfin, généralement, pareil, c’est plus des clips car il n’y a pas de texte. J’aime bien filmer, le montage. Pour le coup, je fais ça vraiment par pur plaisir.
Au début je proposais à des compagnies de leur faire leurs teasers. Puis après dans des délires complètement différents, des équipes différentes, je trouve que pour ça le Kino c’est super, ça te permet de rencontrer plein de monde.
RP : Kino ?
MH : Kino c’est un concept qui a été inventé en 1999 à Montréal juste avant le bug de l’an 2000 et de la catastrophe qui guettait et se sont dit en rigolant : Il nous reste deux mois à vivre, qu’est-ce qu’on fait ? On va réaliser le plus de films possibles. Donc, ils délirent et en fait le résultat a été trop bien. Le concept s’est diffusé et il y a des succursales partout dans le monde qui organisent ça. Et le plus intéressant pour moi ce sont les Kino Kabarets. L’année dernière j’ai participé à celui de Vienne en Autriche ou en dix jours on avait trois sessions de trois jours. Des gens arrivent du monde entier et certains disent : J’ai envie de faire un film, je sais pas sur quoi mais j’ai envie de ça. Il lui faut une équipe donc il va trouver un cameraman, des comédiens si tu en as besoin, il passe une journée à écrire son truc, le lendemain en général se passe le tournage et le troisième jour généralement se passe le montage. C’est super intense.
RP : C’est un festival en fait ?
MH : C’est ça. Et tu en as partout dans le monde.
RP : La diffusion est pour l’équipe seulement ou il y a un aspect public ?
MH : Il y a une diffusion privée devant tous ceux qui participent et c’est obligatoire, après si tu ne veux pas qu’il soit mis en ligne, c’est ton plein droit.
RP : C’est vraiment l’art pour l’art.
MH : Ah complètement ! Et c’est ça qui est génial, par exemple quand j’avais participé à celui de Belleville j’avais un cameraman et des comédiens professionnels, mais tu peux aussi te retrouver avec quelqu’un qui veut filmer pour la première, des étudiants en école de ciné ou d’art qui sont intégrés dans les groupes sans jugements, l’idée c’est aussi le partage de connaissances. Les gens sont là pour apprendre, pour s’amuser et pour rencontrer.
RP : Ya pas de remise de prix ?
MH : Il n’y a pas de prix, surtout pas. Entre nous bien-sûr que l’on va parler de nos préférences et recevoir quelques retours, mais ça s’arrête là.
RP : Du coup tout le monde est bénévole ?
MH : Ah ça complètement. Même tu viens et tu paies une cotisation. Par exemple à Vienne on a payé soixante euros pour dix jours en étant nourri et logés.
Moi j’évite de dire que je suis compositeur comme il y en a très peu dans les Kino tout le monde se jette sur toi. C’est arrivé à Paris ou je me suis retrouvé avec moult projets en même temps, c’était marrant de bosser à la fois sur un western, un thriller, un film expé etc.. J’ai rencontré quelqu’un qui cherchait à composer et qui n’avait jamais fait ça, donc forcément il posait des questions et le but du Kino ça n’est pas de dire : Tu te démerde, mais plutôt de l’inviter à apprendre à mes côtés. C’est une pression, mais une pression qui est hyper agréable parce que tu sais qu’il n’y a pas d’enjeux.
Moi j’en ai fait quelques-uns, mais j’en connais dont c’est leur vie, on dirait qu’ils ne font que ça, tu les voies à chaque fois, c’est incroyable.

RP : Tu as découvert ça avant que tu commence à composer la musique de documentaires ?
MH : Non, ça s’est passé après, quand je suis arrivé à Marseille début 2018, par hasard j’ai rencontré Jean-Robert Viallet, on a bien parlé un soir où j’avais été invité chez lui et j’ai décidé de lui proposer que s’il le voulait un jour j’aimerais bien faire la musique de l’un de ses documentaires. De là maintenant on bosse ensemble, c’est chouette et puis forcément ça m’a ouvert la voie vers d’autres documentaires et bientôt peut-être de la fiction. C’est ça que je trouve intéressant en fait, je préfère réussir à trouver des choses de la sorte. Et finalement en décembre il y a un agent qui m’appel pour me proposer de s’occuper de moi. Je lui ai dit que ce qui m’intéresse c’est le cinéma scandinave, le cinéma allemand, on a beaucoup discuté de tout ça, de mes goûts musicaux etc.. C’est pas dit que ça se fasse, mais en tout cas la rencontre va se faire, je préfère que les choses se passent comme ça. Je croies vachement aux rencontres. C’est pas en restant chez toi que les choses vont se passer, envoyer de la musique pour moi ça n’est pas ça qui te fera connaître, en plus ils doivent en recevoir des tonnes.
RP : C’est sûr qu’au collège plutôt que de nous apprendre à faire des CV qui ne seront jamais lus, ils devraient plutôt apprendre à réseauter.
MH : Ah ça évidemment. Surtout dans le système français l’apprentissage n’est pas du tout le bon parce ce qu’on nous apprend pas a nous exprimer, à vaincre notre timidité etc.. On a l’un des pire niveau d’anglais, y compris dans les études supérieures. Ce qui m’a le plus marqué c’est au Portugal et en Roumanie, quand tu voies le niveau de français qu’a je sais pas… Entre 70 % et 80 % de la population qui conversent très bien et tu te sens tellement con, en France au mieux tu sais parler un peu anglais et basta.

RP : Tu comptes rester à Marseille ?
MH : Oui.
RP : Pourquoi Marseille ?
MH : On était passés jouer pour les trente ans du Théâtre Massalia en septembre 2017, ça se passe super bien et on sort juste un soir dans la ville et là je me dis : Je déteste Marseille. Et en même temps ça me titillait, j’avais rencontré quelqu’un qui bossait là-bas qui m’a proposé à venir y passer une semaine pour me faire changer d’avis. Ça a pas raté, en janvier 2018 j’emménage au Panier.

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